chateau

Notre château vicomtal qui est aujourd’hui dans le domaine privé est totalement sorti de la réflexion municipale. On parle des « monuments classés » dont l’île de la Glère mais jamais un mot sur le château qui eut pourtant son heure de gloire.

En effet, malgré le peu de documents relatant l’histoire du château, on trouve un certain nombre de témoignages qui permettent d’en retracer l’histoire prestigieuse. Il est une pièce maîtresse du Sauveterre médiéval.

Dès le XIIIe siècle, Sauveterre, l’un des grands bourgs du Béarn constitue un des grands maillons du système défensif de la vicomté de Béarn, car il contrôle la route de Pampelune et celle de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port, via Orthez.

Un premier château est sans doute construit par Gaston VII Moncade (1229-1290) qui fortifia cette partie du Béarn alors qu’il était en conflit avec le roi d’Angleterre, son suzerain. Gaston Moncade signa son testament au château de Sauveterre.

Le second château, dont nous trouvons les ruines aujourd’hui, fut certainement construit par Gaston Fébus (1343-1391), très actif à Sauveterre et qui, en 1364, demanda également au pape, pour Sauveterre, la construction d’un couvent de « mendiants » , c’est-à-dire un couvent dédié à la ville et non à la campagne: ce fut le couvent des carmes.

Le château de Sauveterre, par son plan centré polygonal porte la signature des châteaux de Fébus.

On pense même qu’il a pu servir de prototype aux châteaux de Montaner, Morlaàs, Pau et Morlanne et fut construit aux alentours de 1370.

En effet, le château n’utilise pas de brique, ce qui est un élément de datation. Par ailleurs, on sait que Fébus, fort des rançons récupérées lors de sa victoire de Launac en décembre 1362, eut les financements nécessaires à ses constructions.

C’est au château de Sauveterre que l’on ramena Fébus, frappé d’une congestion, à la suite d’une chasse dans les bois d’Orion et, officiellement, c’est là qu’il mourut le 1er août 1391.

Son corps fut sans doute exposé dans la grande salle du château dont la dimension, d’environ 210 m2, était inférieure à celle de Montaner mais supérieure à celle de Morlaàs.

Le château fut progressivement délaissé après la mort de Fébus.

Au XVIe siècle, la ville et le château subirent plusieurs assauts et pillages, mais en 1610, le château fut à nouveau l’objet de réparations. Par la suite, le château vit son rôle réduit à celui de prison.

A l’époque moderne, il passa dans le domaine privé et, ne jouissant d’aucune protection au titre des monuments historiques, dans l’indifférence générale, il continue, aujourd'hui, à tomber pierre par pierre.

Seuls quelques grillages de sécurité évitent aux pierres de tomber sur les passants.

L’occasion de racheter l’hostellerie et son château, en 2003, fut encore une occasion manquée par la ville.

Cela aurait pu être un poumon touristique de Sauveterre dont les retombées auraient pu bénéficier au commerce et à l’emploi local.

Au lieu de cela, allons-nous aujourd’hui nous contenter de regarder tomber les pierres… en attendant la prochaine chute de rempart ?

Notre association « Sauveterre agir ensemble » est convaincue qu’un nouvel élan est possible. Il est sûrement possible, en coopérant avec les propriétaires actuels, de lancer un chantier de sauvetage et de consolidation des ruines.

Ceci est urgent si l’on veut éviter une nouvelle catastrophe.

Le château vicomtal, l’un des tout premiers bâtiments de prestige de Sauveterre est un atout maître de son patrimoine.

Il reste encore, aujourd’hui et surtout pour demain, une clef pour le tourisme et la prospérité de Sauveterre.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Alain Bourrez